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Vie : l’exemple d’un évêque

Arduin Pierre-Olivier


Source : La Nef n°205 de juin 2009
L’engagement public du nouvel archevêque de Florence, Mgr Giuseppe Betori, sur le terrain bioéthique fait couler beaucoup d’encre de l’autre côté des Alpes. Un exemple à méditer.

Le 9 mars dernier, récupérant à des fins politiciennes l’émotion suscitée par l’affaire Eluana Englaro – cette jeune femme en état végétatif chronique euthanasiée par interruption de l’alimentation médicale à la demande insistante de son père –, le Conseil municipal socialiste de Florence décide d’attribuer à Giuseppe Englaro le titre de citoyen d’honneur « en tant que symbole de la défense de la laïcité de l’État ». Quelques heures plus tard, l’archevêque de la ville, Mgr Giuseppe Betori prend sa plume pour faire part de sa désapprobation au maire Eros Cruccolini : « Cette décision est offensante pour une partie non négligeable de la ville qui, au cours du drame d’Eluana, a exprimé des convictions bien différentes de celles dont M. Englaro et le groupe qui l’a soutenu étaient porteurs » (1). Accusé de contester la légitimité d’un processus démocratique légal, le prélat répond que « l’amour pour sa ville exige qu’un évêque, en conscience, exprime son désaccord si nécessaire ». Invité officiellement, il choisit de ne pas se rendre à la cérémonie. Depuis cette passe d’armes, plusieurs experts du catholicisme italien, dont le célèbre vaticaniste Sandro Magister, voient en Florence le laboratoire exemplaire d’une réconciliation entre la foi, la morale et la culture.


Mgr Betori n’est pas un inconnu. Zélé secrétaire de la Conférence épiscopale italienne, il est d’abord à l’enseigne du cardinal Camillo Ruini, lui qui réussit le tour de force de contrecarrer le référendum de juin 2005 visant à autoriser la recherche sur l’embryon. Il affûtera ensuite ses armes près de son successeur, le cardinal Angelo Bagnasco, bête noire du gouvernement Prodi et du projet de loi Dico, espèce de Pacs à l’italienne, qui succombera sans avoir vu le jour devant la mobilisation en masse de l’Église transalpine.


Pressenti pour remplacer le siège laissé vacant par le cardinal Antonelli, tout nouveau président du Conseil pontifical pour la famille, Giuseppe Betori sera nommé le 8 septembre 2008 par Benoît XVI comme nouvel archevêque de Florence. « Rien de ce qui est humain n’est étranger à l’Église : il y aura donc une parole de l’Église à propos de toute la vie de la ville », déclare-t-il aussitôt dans le journal diocésain, plaidant pour une « foi capable d’être élément de culture ». Propos qu’il réitère en janvier dernier en exhortant ses ouailles à « retourner à la visibilité de la vie croyante dans le quotidien ». Prenant la parole dans les médias alors que l’affaire Englaro bat son plein, présidant une veillée de prière en sa faveur, prêchant à de multiples reprises pour le respect de la « dignité intangible de l’être humain », il met progressivement en actes son programme pastoral. Fin octobre, lors d’un colloque de néonatalogie, l’hôpital pédiatrique de la ville invite Edward Verhagen, pédiatre hollandais controversé à l’origine du tristement célèbre protocole de Groningen, une procédure médicale justifiant l’euthanasie des nouveaux-nés malformés. Mgr Betori visite sur le champ les enfants malades de l’établissement et dénonce dans un communiqué l’orientation inquiétante du congrès.


Pour le professeur florentin Pietro De Marco, cette série de faits n’est pas anodine. Dans le sillage des pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI dont l’une des orientations phares est de montrer que les sphères civile et morale ne peuvent être arbitrairement disjointes, nous assistons à la renaissance d’une fonction oubliée de l’évêque dans son diocèse : celle de défenseur de la ville, defensor civitatis. Plus de Huns ou de Goths, les nouveaux barbares contestent le droit à la vie des plus fragiles ou répandent des idéologies qui méprisent la loi morale naturelle. Rompant avec « la clandestinité à la Nicodème 
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